Objawienie Pańskie

L’Épiphanie

Szymon Konieczny

Le 6 janvier, c’est l’épiphanie. L’année dernière, nous avons publié un article en polonais décrivant le déroulement de cette fête en France. Cette fois-ci, c’est le tour de la Pologne !

Les origines de L’Épiphanie telle que l’on la connaît actuellement sont identiques dans ces deux pays de tradition chrétienne occidentale. Il s’agit d’une célébration faisant référence à l’épisode biblique dans lequel les trois Rois Mages, Gaspard, Melchior et Balthazar (Kacper, Melchior et Baltazar en polonais), viennent rendre hommage à l’enfant Jésus en lui offrant des présents d’une grande richesse – or, myrrhe et encens. Ces trois rois sont généralement représentés en tant qu’un homme jeune, un homme âgé et un homme racisé, pour souligner la diversité de leurs provenances. Dans la mythologie chrétienne, cet épisode symbolise dans le sens large l’acceptation du Christ par les peuples païens, Dieu se manifestant à l’humanité, et l’humanité devenant capable de comprendre Dieu.

 

Bien évidemment, comme pour toutes les fêtes chrétiennes, il existe aussi plusieurs origines païennes. La plus commune est qu’il s’agissait d’une fête de lumière au sens large, complétant Noël (le solstice d’hiver). En effet, à l’époque pré-chrétienne, les différents peuples célébraient le solstice d’hiver en tant que journée avec le moins de temps de lumière de l’année. Mais à partir du 22 décembre, les jours se rallongent. Ainsi, « Noël » était une fête du soleil renaissant. Et c’est vers le 6 janvier que les journées commencent à être plus longues de manière considérable et de plus en plus visible – « l’épiphanie » était donc la confirmation de la renaissance du soleil !

 

Revenons à l’époque actuelle et au véritable sujet de cet article – que fait-on en Pologne le 6 janvier ? Comme la nation polonaise reste majoritairement catholique, L’Épiphanie se célèbre à l’église, par une messe spéciale. Autrefois, pendant cette messe, on bénissait de l’or avec lequel on se touchait le cou (pour repousser les maladies et les malheurs) ainsi que de l’encens que l’on faisait brûler à la maison pour protéger le foyer. De nos jours, on bénit un morceau de craie que l’on emmène ensuite à la maison afin d’écrire au C+M+B ou K+M+B (les deux formes sont correctes) accompagnées de l’année en cours au-dessus de la porte. La signification de ces lettres la plus communément transmise (et erronée !) est qu’il s’agit des premières lettres des prénoms des trois rois mages. Cependant, il s’agit d’une courte prière en Latin – Christus Mansionem Benedicat – « Que le Christ bénisse cette maison ». Parmi d’autres interprétations, on retrouve aussi « Christus Multorum Benefactor » (Christ bienfaiteur de la multitude) et « Cogitum – Matrimonium – Baptisma » (Conscience – Mariage – Baptême), ces derniers étant d’autres épisodes bibliques célébrés le 6 (Conscience – Epiphanie ; Mariage – Les noces de Cana ; Baptême – Baptême dans le Jourdan).

 

En plus de l’inscription avec la craie, une nouvelle tradition (inspirée énormément du monde hispanique !) a commencé à apparaître dans les villes polonaises – celle du cortège des trois rois mages. Le premier grand cortège a eu lieu en 2009 à Varsovie et l’évènement a connu un véritable essor, finissant par s’établir dans la majorité des grandes villes polonaises. Le 6 janvier étant devenu un jour férié à partir de 2011 y est sûrement pour quelque chose ! 😊